Micro-entreprise, auto-entreprise, entreprise individuelle : ces trois termes sont souvent employés l’un pour l’autre, ce qui entretient la confusion au moment de se lancer. Il ne s’agit pourtant pas de trois statuts concurrents. L’entreprise individuelle est une forme juridique. La micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié qui peut s’appliquer à cette entreprise individuelle. Quant à l’auto-entrepreneur, c’est simplement l’ancien nom du micro-entrepreneur. Voici ce qui les distingue vraiment et comment choisir.
En bref : un micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur) est un entrepreneur individuel qui relève du régime micro. Un entrepreneur individuel « classique » relève, lui, du régime réel : il déclare son bénéfice et non son chiffre d’affaires, et peut déduire ses charges.
Auto-entrepreneur et micro-entrepreneur : deux noms pour un même régime
Le régime de l’auto-entrepreneur a été créé en 2008 par la loi de modernisation de l’économie. Il a été fusionné avec celui de la micro-entreprise par la loi du 18 juin 2014 (dite loi Pinel), et l’appellation officielle est devenue « micro-entrepreneur » au 1er janvier 2016. Le terme « auto-entrepreneur » reste très utilisé, y compris par l’Urssaf, dont le site dédié s’appelle toujours autoentrepreneur.urssaf.fr. Il n’existe donc aucune différence juridique, fiscale ou sociale entre les deux.
L’entreprise individuelle : une forme juridique
L’entreprise individuelle (EI) désigne une activité exercée en nom propre, sans créer de société ni de personne morale distincte. Depuis la loi du 14 février 2022, en vigueur le 15 mai 2022, il n’existe plus qu’un statut unique d’entrepreneur individuel, qui s’accompagne de deux grands changements :
- la séparation automatique des patrimoines : seuls les biens utiles à l’activité professionnelle peuvent être saisis par les créanciers professionnels. Le patrimoine personnel, dont la résidence principale, est protégé par défaut ;
- la disparition de l’EIRL : il n’est plus possible de créer une entreprise individuelle à responsabilité limitée depuis le 15 mai 2022. Les EIRL existantes continuent de fonctionner.
L’entrepreneur individuel doit faire figurer sur ses documents commerciaux et ses factures la dénomination « entrepreneur individuel » ou « EI », à côté de son nom.
La micro-entreprise : un régime simplifié de l’entreprise individuelle
Un entrepreneur individuel peut relever de deux régimes : le régime micro ou le régime réel. Le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel qui bénéficie automatiquement :
- du régime micro-social : ses cotisations sociales sont calculées en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, déclaré chaque mois ou chaque trimestre ;
- du régime micro-fiscal : son bénéfice imposable est calculé en appliquant au chiffre d’affaires un abattement forfaitaire pour frais (71 %, 50 % ou 34 % selon l’activité), ou il opte pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu ;
- de la franchise en base de TVA, tant que son chiffre d’affaires reste sous les seuils.
Ce régime s’applique tant que le chiffre d’affaires ne dépasse pas 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales, et 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement.
Tableau comparatif : micro-entreprise ou entreprise individuelle au réel
| Critère | Micro-entreprise | Entreprise individuelle au réel |
|---|---|---|
| Forme juridique | Entreprise individuelle | Entreprise individuelle |
| Protection du patrimoine personnel | Oui, depuis le 15 mai 2022 | Oui, depuis le 15 mai 2022 |
| Plafond de chiffre d’affaires | 83 600 € (services) ou 203 100 € (vente) | Aucun |
| Base des cotisations sociales | Chiffre d’affaires encaissé | Bénéfice (revenu professionnel) |
| Prise en compte des charges | Abattement forfaitaire, pas de déduction des frais réels | Déduction des charges réelles |
| Imposition | Impôt sur le revenu (abattement ou versement libératoire) | Impôt sur le revenu, ou option pour l’impôt sur les sociétés |
| TVA | Franchise en base sous les seuils | Franchise possible sous les mêmes seuils, ou TVA collectée |
| Comptabilité | Livre des recettes et, pour la vente, registre des achats | Comptabilité complète, bilan et compte de résultat |
| Cotisations en l’absence de chiffre d’affaires | Aucune | Cotisations minimales dues |
| Coût de gestion | Très faible | Honoraires d’expert-comptable à prévoir |
Les avantages et les limites de chaque option
La micro-entreprise : simple mais plafonnée
La micro-entreprise séduit par sa simplicité : création gratuite en ligne, déclaration du chiffre d’affaires en quelques minutes, pas de cotisation si l’on n’encaisse rien. Elle convient particulièrement pour tester une activité, exercer en complément d’un emploi salarié ou démarrer une activité de services avec peu de frais. Notre guide pour créer une micro-entreprise gratuitement détaille les étapes.
Ses limites apparaissent dès que l’activité se développe. Les frais réels ne sont pas déductibles : si vos charges dépassent l’abattement forfaitaire (par exemple, 50 % du chiffre d’affaires pour une prestation de services commerciale), vous êtes imposé et cotisez sur un revenu supérieur à votre revenu réel. Le plafond de chiffre d’affaires limite aussi la croissance, et la récupération de la TVA sur les achats est impossible en franchise.
L’entreprise individuelle au réel : plus lourde mais plus souple
Au réel, l’entrepreneur individuel cotise et paie l’impôt sur son bénéfice réel, après déduction de toutes ses charges : achats, loyer, véhicule, matériel, amortissements. Ce régime devient plus avantageux lorsque les charges sont élevées ou que le chiffre d’affaires dépasse les plafonds de la micro-entreprise. Depuis 2022, l’entrepreneur individuel peut aussi opter pour l’impôt sur les sociétés, ce qui l’assimile fiscalement à une EURL.
En contrepartie, il doit tenir une comptabilité complète, souvent confiée à un expert-comptable, et verser des cotisations minimales même lorsque son activité ne dégage pas de bénéfice.
Comment choisir ?
- Vous démarrez, avec peu de frais et un chiffre d’affaires modeste : la micro-entreprise est presque toujours la solution la plus simple.
- Vos charges représentent plus que l’abattement forfaitaire (plus de 71 % du chiffre d’affaires en vente, 50 % en services commerciaux, 34 % en activité libérale) : le régime réel devient généralement plus intéressant.
- Vous approchez des plafonds ou visez une croissance rapide : anticipez le passage au réel, ou la création d’une société.
- Vous facturez surtout des entreprises assujetties à la TVA et avez des achats importants : sortir de la franchise de TVA peut être avantageux, car vos clients récupèrent la TVA et vous la déduisez sur vos achats.
- Vous voulez vous associer ou faire entrer des investisseurs : il faut alors une société (SAS, SARL), l’entreprise individuelle ne le permettant pas.
Le passage de la micro-entreprise au régime réel se fait sans créer de nouvelle entreprise : il suffit d’opter pour le réel, ou d’y basculer automatiquement après deux années consécutives de dépassement des plafonds. Un expert-comptable peut simuler les deux régimes à partir de vos chiffres.
Questions fréquentes sur la micro-entreprise et l’entreprise individuelle
Quelle différence entre auto-entrepreneur et micro-entrepreneur ?
Aucune. « Auto-entrepreneur » est l’ancien nom du régime, remplacé officiellement par « micro-entrepreneur » au 1er janvier 2016. Les règles sont exactement les mêmes.
Un micro-entrepreneur est-il un entrepreneur individuel ?
Oui. Le micro-entrepreneur exerce sous la forme d’une entreprise individuelle et bénéficie d’un régime fiscal et social simplifié. Il doit d’ailleurs mentionner « EI » ou « entrepreneur individuel » sur ses factures.
Le micro-entrepreneur est-il responsable sur ses biens personnels ?
Depuis le 15 mai 2022, non par principe : les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l’activité. Des exceptions existent, notamment en cas de fraude ou de manquements graves, ou si l’entrepreneur renonce à cette protection pour un engagement précis.
Peut-on passer de la micro-entreprise au régime réel ?
Oui. L’option pour le régime réel est possible à tout moment pour l’année suivante, et le passage est automatique en cas de dépassement des plafonds deux années civiles consécutives. L’entreprise conserve son numéro SIRET.
Informations vérifiées le 16 octobre 2026 (entreprendre.service-public.fr, Urssaf, loi n° 2022-172 du 14 février 2022). Plafonds applicables de 2026 à 2028.
