Avec plus de 1,1 million d’entreprises créées en 2025, la France a battu un nouveau record de création d’entreprises. Derrière ce chiffre se cache pourtant une réalité contrastée : deux créations sur trois sont des micro-entreprises, et beaucoup restent de petite taille. Qu’est-ce que l’entrepreneuriat, quelles formes peut-il prendre et que disent les chiffres les plus récents ? Le point complet.
Les chiffres clés : 1 165 800 entreprises créées en 2025 (+5 %), dont 758 600 micro-entreprises. Plus de 3 millions d’auto-entrepreneurs inscrits fin 2025, dont 1,66 million déclarent un chiffre d’affaires. Environ 68 600 défaillances d’entreprises en 2025.
Entrepreneuriat : définition
L’entrepreneuriat désigne l’action de créer ou de reprendre une entreprise, et plus largement l’ensemble des activités qui consistent à identifier une opportunité, à mobiliser des ressources (argent, compétences, partenaires) et à prendre un risque pour développer une activité économique. L’entrepreneur est la personne qui porte ce projet et en assume les risques.
L’entrepreneuriat ne se limite pas à la création d’une start-up. Il recouvre aussi bien l’artisan qui s’installe, le consultant indépendant, le commerçant qui reprend une boutique que le dirigeant qui lève des fonds pour une entreprise innovante.
Les différentes formes d’entrepreneuriat
Selon la façon d’entreprendre
- La création ex nihilo : lancer une entreprise à partir de zéro. C’est la forme la plus répandue.
- La reprise d’entreprise : racheter une entreprise existante, avec sa clientèle, ses salariés et son outil de production. Des centaines de milliers de dirigeants de PME approchant de la retraite, la transmission est un enjeu majeur.
- La franchise : créer son entreprise en s’appuyant sur la marque et le savoir-faire d’un réseau, contre une redevance.
- L’intrapreneuriat : développer un projet innovant au sein de l’entreprise qui vous emploie, avec ses moyens.
- L’entrepreneuriat social : poursuivre un objectif d’utilité sociale ou environnementale, souvent sous forme d’association, de coopérative ou d’entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS).
Selon la forme juridique
| Forme | Principe | Pour qui ? |
|---|---|---|
| Micro-entreprise | Entreprise individuelle au régime simplifié, cotisations sur le chiffre d’affaires | Démarrage, activité d’appoint, faibles frais |
| Entreprise individuelle au réel | Activité en nom propre, imposition sur le bénéfice réel | Activité solo avec des charges importantes |
| EURL / SARL | Société à responsabilité limitée, unipersonnelle ou à plusieurs associés | Projets familiaux ou à quelques associés, cadre encadré |
| SASU / SAS | Société par actions simplifiée, statuts très libres | Projets avec associés ou investisseurs, dirigeant assimilé salarié |
| Coopérative (SCOP, SCIC) | Société détenue majoritairement par ses salariés ou ses parties prenantes | Projets collectifs et ESS |
Les différences entre micro-entreprise et entreprise individuelle sont détaillées dans notre article micro-entreprise, auto-entrepreneur, entreprise individuelle : quelles différences ?
La création d’entreprises en France : les chiffres clés
Un record en 2025
Selon l’Insee, 1 165 800 entreprises ont été créées en France en 2025, soit environ 54 600 de plus qu’en 2024 (+5 %). C’est un niveau record.
| Type de création | Nombre en 2025 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Micro-entreprises | 758 600 | +6 % |
| Sociétés | 301 300 | +6 % |
| Entreprises individuelles classiques | 105 900 | −4 % |
| Total | 1 165 800 | +5 % |
Les micro-entreprises représentent environ 65 % des créations. Les sociétés dépassent leur précédent record de 2022, tandis que les entreprises individuelles classiques tombent à leur plus bas niveau depuis 2012.
Les secteurs les plus dynamiques
- Commerce : 172 600 créations (+11 %) ;
- Services administratifs et de soutien : 129 100 créations (+12 %) ;
- Transports et entreposage : 112 800 créations (+6 %), portés notamment par la livraison et le VTC.
Le profil des créateurs
Les créateurs d’entreprises individuelles ont en moyenne 35 ans, et 40 % d’entre eux ont moins de 30 ans. Les femmes réalisent 44 % des créations d’entreprises individuelles.
Une tendance qui se poursuit en 2026
La dynamique ne faiblit pas : selon l’Insee, le nombre de créations sur les douze mois de septembre 2025 à août 2026 a progressé de 11,4 % par rapport aux douze mois précédents.
Les micro-entrepreneurs : nombreux, mais pas tous actifs
Fin 2025, l’Urssaf recensait plus de 3 millions d’auto-entrepreneurs administrativement actifs, soit environ 130 000 de plus en un an. Mais seuls 1,66 million, soit 55 %, étaient économiquement actifs, c’est-à-dire déclaraient un chiffre d’affaires positif au quatrième trimestre. Beaucoup de micro-entreprises servent à tester une idée ou à exercer une activité d’appoint, et une part importante reste en sommeil.
Le tissu des entreprises françaises
D’après l’Insee, la France comptait en 2023 environ 5,2 millions d’entreprises (hors secteurs agricole et financier), employant près de 16 millions de salariés en équivalent temps plein.
| Catégorie | Nombre | Part de l’emploi salarié | Part de la valeur ajoutée |
|---|---|---|---|
| Microentreprises (moins de 10 salariés) | Près de 5 millions | 17 % | 19 % |
| PME (hors microentreprises) | Environ 175 000 | 29 % | 23 % |
| Entreprises de taille intermédiaire (ETI) | Environ 7 500 | 26 % | 26 % |
| Grandes entreprises | Environ 300 | 28 % | 32 % |
Attention à ne pas confondre : la « microentreprise » de l’Insee est une catégorie de taille (moins de 10 salariés et moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires ou de bilan), tandis que la « micro-entreprise » au sens de l’Urssaf est un régime fiscal et social.
Défaillances : l’autre face de l’entrepreneuriat
Selon la Banque de France, 68 564 entreprises ont fait l’objet d’une procédure de défaillance (redressement ou liquidation judiciaire) sur l’ensemble de l’année 2025, soit 3,5 % de plus qu’en 2024 et 15,5 % au-dessus de la moyenne des années 2010 à 2019. Cette hausse reflète en partie un rattrapage après les années de soutien public liées au Covid, et touche surtout les petites entreprises.
Les aides pour se lancer
- L’ACRE : réduction de cotisations sociales la première année, ramenée à 25 % pour les micro-entreprises créées depuis le 1er juillet 2026.
- Le maintien des allocations chômage (ARE) ou leur versement sous forme de capital (ARCE) pour les demandeurs d’emploi qui créent leur entreprise.
- Les prêts d’honneur, sans intérêt ni garantie, accordés par des réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre.
- L’accompagnement gratuit des chambres de commerce et des métiers, de Bpifrance Création et des boutiques de gestion.
Pour franchir le pas en solo, notre guide pour créer une micro-entreprise gratuitement détaille les étapes.
Questions fréquentes sur l’entrepreneuriat
Quelle est la définition de l’entrepreneuriat ?
L’entrepreneuriat est l’action de créer ou de reprendre une entreprise et, plus largement, de développer une activité économique en identifiant une opportunité, en mobilisant des ressources et en prenant un risque.
Combien d’entreprises ont été créées en France en 2025 ?
L’Insee a recensé 1 165 800 créations d’entreprises en 2025, un record, en hausse de 5 % sur un an. Les micro-entreprises en représentent environ 65 %.
Combien y a-t-il d’auto-entrepreneurs en France ?
Fin 2025, plus de 3 millions d’auto-entrepreneurs étaient inscrits à l’Urssaf, mais seuls 1,66 million déclaraient un chiffre d’affaires positif.
Quelle forme juridique choisir pour entreprendre ?
Cela dépend du projet : la micro-entreprise pour démarrer simplement, l’entreprise individuelle au réel pour une activité solo avec des charges importantes, et une société (SAS, SARL) pour s’associer, lever des fonds ou séparer plus nettement l’activité de son patrimoine.
Données vérifiées le 16 octobre 2026 : Insee (Insee Première sur les créations d’entreprises en 2025, Informations rapides n° 222 de septembre 2026, Insee Focus n° 372), Urssaf via Bpifrance Création, Banque de France (défaillances à fin décembre 2025).
